Analyse détaillée de Yomoni, Nalo et Bubble : frais, confort d’usage, transparence et pour quels profils chaque plateforme est vraiment adaptée en 2025.
Yomoni vs Nalo vs Bubble : Analyse Comparative Complète 2025
Le marché français des robo-advisors arrive à maturité. Les premiers acteurs ont désormais plusieurs années de track‑record, les comparatifs se multiplient, et les épargnants commencent à mesurer le vrai coût – en euros – de la délégation totale de leur épargne.
Dans ce contexte, trois approches se distinguent nettement : Yomoni et Nalo, pionniers de la gestion pilotée en assurance‑vie, et Bubble, une nouvelle plateforme quantitative pilotée par l’IA qui ne se positionne pas comme un robo‑advisor, mais comme un copilote d’investissement laissant l’utilisateur aux commandes.
Cette analyse vous aide à comprendre, en langage simple :
- comment fonctionnent Yomoni et Nalo,
- combien vous payez réellement sur 10–20 ans,
- en quoi Bubble propose un modèle radicalement différent (frais fixes, IA transparente, comptes sous votre contrôle).
Vue d’Ensemble : Trois Philosophies, Trois Approches
Avant de rentrer dans les détails, voici un résumé des grandes lignes :
| Critère |
Yomoni |
Nalo |
Bubble |
| Année de création |
2015 |
2017 |
2024 |
| Actifs sous gestion |
≈ 500 M€ (2021) |
≈ 250 M€ (2021) |
En construction |
| Type d’acteur |
Société de gestion, robo‑advisor |
Société de gestion, robo‑advisor |
Plateforme quantitative pilotée par l’IA |
| Produit principal |
Assurance‑vie, PER, PEA en gestion pilotée |
Assurance‑vie multi‑projets, immobilier + ETF |
Copilote de portefeuille relié à vos courtiers (IBKR, Alpaca, Saxo…) |
| Frais de gestion |
≈ 1,6 % / an tout compris |
≈ 0,85–1,65 % / an selon profil et supports |
Abonnement fixe (plans from €0 to €10/month, exemple de tarification) |
| Montant minimum |
1 000 € |
1 000 € |
Pas de minimum imposé par la plateforme |
| Modèle de relation |
Délégation : vous confiez votre épargne à un gérant |
Délégation : vous déléguez la gestion à Nalo + Generali |
Copilotage : l’IA propose, vous décidez et gardez la main |
| Enveloppes fiscales |
Assurance‑vie, PEA, PER |
Assurance‑vie (Nalo Patrimoine, Nalo Flex) |
Vos propres comptes‑titres / PEA / autres via vos courtiers |
En résumé :
- Yomoni et Nalo sont des sociétés de gestion sous mandat : vous déléguez votre épargne à un algorithme encadré par une équipe de gérants.
- Bubble est une plateforme d’intelligence de portefeuille : l’IA fait le travail d’analyse et de construction de portefeuille d’un gérant, mais le compte reste chez votre courtier et vous validez chaque décision.
Comment Fonctionne un Robo‑Advisor comme Yomoni ou Nalo ?
Les robo‑advisors sont nés avec une promesse simple :
« Répondez à quelques questions, nous gérons tout le reste pour vous. »
1. Profilage : questionnaire puis profil de risque
Chez Yomoni comme chez Nalo, tout commence par un questionnaire en ligne :
- horizon de placement (3, 8, 15 ans…),
- tolérance au risque (supporter –10 %, –20 % ?),
- projets de vie (retraite, achat immobilier, études des enfants, etc.),
- situation patrimoniale globale.
L’algorithme en déduit un profil de risque (défensif, équilibré, dynamique…) et une allocation cible.
2. Allocation : des portefeuilles d’ETF « clés en main »
Les deux acteurs bâtissent ensuite des portefeuilles diversifiés d’ETF :
- actions monde, Europe, US, émergents,
- obligations d’État et d’entreprise,
- parfois immobilier coté ou thématique (via ETF),
- pondérations adaptées au profil de risque.
L’idée est simple :
- pour un profil prudent, plus d’obligations et de fonds en euros,
- pour un profil dynamique, plus d’actions.
Vous ne voyez pas le « moteur » exact de sélection, seulement le résultat : un portefeuille diversifié, ajusté automatiquement.
3. Enveloppes fiscales : assurance‑vie, PEA, PER
Les robo‑advisors français s’appuient sur les enveloppes fiscales classiques :
- Assurance‑vie (Yomoni Vie, Nalo Patrimoine) pour la majorité des clients,
- PEA et PER chez Yomoni pour aller plus loin,
- contrats souvent assurés par de grands assureurs (Suravenir, Generali, etc.).
Avantage :
- fiscalité connue,
- possibilité de loger toute sa stratégie sur un même compte.
Inconvénient :
- vous restez bloqué dans un contrat précis (frais propres, interface, gamme de supports),
- sortie parfois plus complexe qu’un simple compte‑titres chez un courtier.
4. Délégation totale : rééquilibrages et arbitrages automatiques
Une fois le mandat signé, vous ne passez plus d’ordres vous‑même :
- l’équipe de gestion (et son algorithme) effectue les arbitrages,
- le portefeuille est rééquilibré automatiquement,
- vous recevez des rapports réguliers, mais la mécanique interne reste un boîte noire.
C’est confortable, mais cela pose deux limites :
- Perte de contrôle : difficile de comprendre précisément ce qui est fait en votre nom.
- Incitations alignées sur les encours : plus vos encours sont élevés, plus les frais en % augmentent en euros.
Les Frais : là où les Modèles se Séparent Vraiment
Sur une seule année, la différence entre 1,6 % / an (Yomoni) et 0,85–1,65 % / an (Nalo) peut sembler limitée. Sur 20 ans, c’est toute une part de votre capital final qui disparaît en frais.
1. Yomoni : environ 1,6 % / an tout compris
Les frais totaux typiques combinent :
- frais de gestion de l’enveloppe (assureur),
- frais de gestion Yomoni,
- frais internes des ETF.
Résultat :
- pour un portefeuille de 50 000 €, 1,6 % / an ≈ 800 € / an, prélevés chaque année,
- sur 20 ans, si votre capital croît, les frais en euros suivent la même trajectoire.
2. Nalo : fourchette 0,85–1,65 % / an
Même logique :
- frais du contrat d’assurance‑vie (Generali),
- frais de gestion Nalo,
- frais internes des ETF.
Nalo se distingue davantage sur :
- la personnalisation par projet (plusieurs poches d’objectifs),
- la lisibilité de l’interface et de la pédagogie.
Mais le modèle reste celui de la gestion sous mandat en pourcentage des encours.
3. Bubble : un abonnement fixe, pas de frais sur encours
Bubble adopte un modèle radicalement différent :
- pas de frais en pourcentage des encours,
- abonnement fixe – avec des plans from €0 to €10/month (exemple de tarification),
- les frais de courtage restent facturés par vos courtiers (IBKR, Alpaca, Saxo…), pas par Bubble.
Concrètement :
- que vous ayez 10 000 € ou 100 000 € investis, la plateforme facture la même logique d’abonnement,
- la valeur facturée correspond à l’accès à l’IA, aux backtests, au moteur de scoring et à l’automatisation, pas à la taille de votre portefeuille.
Incitation clé : là où un robo‑advisor traditionnel a intérêt à faire croître vos encours (car ses revenus sont indexés en %), Bubble se rémunère sur la qualité de l’outil et non sur le montant de votre patrimoine.
Trois Modèles, Trois Incitations
Derrière l’UX lisse et les jolis dashboards, les modèles économiques ne racontent pas la même histoire.
Yomoni : optimiser l’enveloppe fiscale, simplifier pour le grand public
Yomoni s’adresse d’abord à :
- des épargnants qui veulent déléguer,
- avec un patrimoine déjà constitué (souvent ≥ 10 000–20 000 €),
- qui cherchent une alternative aux gestions pilotées bancaires plus chères.
Sa proposition :
- une gestion pilotée diversifiée,
- une optimisation des PEA / assurance‑vie / PER,
- une interface épurée, une marque rassurante.
L’incitation est simple :
Plus vos encours sont élevés, plus Yomoni est rémunéré.
Nalo : « projets de vie » et pédagogie
Nalo a construit sa marque sur :
- une approche par projets (retraite, immobilier, études, etc.),
- une pédagogie soignée,
- une communication très orientée « conseil patrimonial pour tous ».
Le cœur reste toutefois :
- une gestion sous mandat ETF‑centrée,
- des frais en pourcentage des encours,
- une délégation quasi totale.
Bubble : vous redevenir le pilote, l’IA comme équipe de gestion
Bubble part d’une autre hypothèse :
« Les outils des gérants pros peuvent être mis entre les mains de particuliers, à condition d’être traduits en langage clair et pilotables via une IA. »
Plutôt que de prendre le contrôle de vos comptes, Bubble fait le choix :
- de ne jamais prendre la garde de vos titres,
- de ne pas gérer d’enveloppes fiscales en interne (pas d’assurance‑vie maison),
- de se brancher sur vos propres courtiers (Interactive Brokers, Alpaca, Saxo…) pour générer des ordres prêts à exécution.
La plateforme n’est donc pas un « gérant robot » mais :
- un copilote conversationnel qui :
- screene les actions / ETF,
- teste des stratégies sur 17+ ans d’historique,
- calcule les allocations par poches,
- génère les paniers d’ordres et les fichiers d’exécution,
- un moteur de scoring multi‑facteurs et de gestion du risque inspiré des pratiques institutionnelles.
Vous restez le décideur final : l’IA propose, explique ses choix et ses backtests ; vous validez, modifiez ou refusez.
Comment Bubble Fonctionne Concrètement (vs un Robo‑Advisor)
Pour mesurer la différence, il faut regarder le workflow complet.
1. Screening : construire l’univers d’investissement
- Vous discutez avec un agent conversationnel (« Je veux ajouter des valeurs japonaises tech », « Compare des ETF climat Europe », etc.).
- L’agent interroge des screeners externes (Uncle Stock, listes d’ETF, données de marché) pour constituer une liste de candidats.
- L’univers est standardisé et enrichi (performances, volatilité, secteurs, zones géographiques…).
2. Backtests : tester des stratégies sur 17+ ans
- Vous demandez : « Quelle stratégie fonctionne le mieux sur ces ETF ? »
- Le moteur applique différentes approches :
- momentum pur,
- momentum + qualité,
- momentum ajusté du risque,
- poches thématiques,
- etc.
- Chaque stratégie est backtestée sur 17+ ans (2005–2025), avec :
- rendement annualisé (CAGR),
- volatilité,
- max drawdown,
- ratios de type Sharpe / Calmar.
L’IA vous retourne :
- un classement des stratégies,
- une explication claire des compromis : risque vs performance, drawdowns, périodes difficiles.
3. Allocation : équilibre du risque, pas seulement du « profil 1 à 10 »
Là où un robo‑advisor classique se limite souvent à un curseur de risque (profil 1 à 10), Bubble applique une logique de gestion de portefeuille institutionnelle :
- Risk Parity (chaque poche contribue de façon équilibrée au risque global),
- détection de régime de marché (bull, bear, latéral),
- analyse de corrélation entre vos poches actuelles et les nouvelles idées.
Résultat :
- une proposition très concrète du type :
« Cette poche Japon Tech pourrait représenter 15 % de ton portefeuille, tout en gardant la volatilité globale sous contrôle. »
4. Exécution : vous gardez vos comptes, l’IA prépare les ordres
C’est ici que le modèle diverge le plus des robo‑advisors :
Avec un robo‑advisor :
- vos actifs sont gérés dans le contrat (assurance‑vie, PER) de l’acteur,
- vous ne voyez que les lignes et les performances,
- les arbitrages sont réalisés automatiquement, sans validation ordre par ordre.
Avec Bubble :
- vos comptes restent chez vos courtiers existants (IBKR, Alpaca, Saxo…),
- l’IA génère des ordres prêts à exécution : quantités, tickers, côté acheteur / vendeur,
- selon le niveau d’intégration et le cadre réglementaire, vous :
- soit exportez un fichier CSV / instructions à déposer chez le courtier,
- soit validez l’exécution via API, une fois les autorisations réglementaires obtenues.
L’architecture est pensée pour :
- ne jamais prendre la garde des titres,
- garder une traçabilité complète (11 étapes documentées de la donnée brute jusqu’à l’ordre exécuté),
- permettre à terme une automatisation encadrée pour les utilisateurs qui le souhaitent.
5. Suivi et rééquilibrage : un gérant quantitatif dans votre poche
Une fois les stratégies actives :
- Bubble suit l’écart entre cibles et positions réelles,
- détecte les dérives (par exemple +5 % au‑delà de la cible),
- propose des paniers de rééquilibrage prêts à exécution,
- conserve un journal complet des décisions, paramètres, backtests et ordres.
Là où un robo‑advisor affiche seulement une « performance globale » et quelques graphiques, Bubble vous donne le film complet : le « pourquoi » derrière chaque ordre.
Qui Devrait Choisir Quoi en 2025 ?
Aucune de ces approches n’est « bonne » ou « mauvaise » en soi. Elles répondent à des profils différents.
Yomoni : pour déléguer en assurance‑vie avec un patrimoine déjà conséquent
Yomoni est adapté si :
- vous voulez un contrat d’assurance‑vie clé en main,
- vous avez déjà un certain capital (souvent ≥ 20 000–50 000 €),
- vous préférez déléguer et ne pas rentrer dans la mécanique de portefeuille.
Points forts :
- historique, marque installée,
- enveloppes fiscales variées (PEA, PER…),
- simplicité pour l’utilisateur.
Limites :
- frais en pourcentage qui grimpent vite en euros,
- boîte noire sur la méthodologie de gestion.
Nalo : pour les projets de vie et l’accompagnement pédagogique
Nalo est pertinent si :
- vous voulez organiser votre épargne autour de projets concrets,
- vous appréciez un accompagnement pédagogique et une interface très didactique,
- vous débutez et cherchez à mettre un pied dans l’investissement sans tout apprendre d’un coup.
Points forts :
- gestion multi‑projets,
- pédagogie,
- combinaison ETF + immobilier (via Nalo Flex) possible.
Limites :
- mêmes logiques de frais qu’un robo‑advisor classique,
- peu de transparence sur la logique fine des allocations.
Bubble : pour les investisseurs prêts à s’équiper comme un pro
Bubble vise un autre segment :
- investisseurs actifs ou curieux,
- qui veulent comprendre et piloter leurs allocations,
- qui acceptent de consacrer un peu de temps à leurs investissements,
- qui voient la valeur d’outils dignes d’un gérant institutionnel mais en langage naturel.
En pratique, Bubble est particulièrement adapté si :
- vous avez déjà un compte auprès d’un courtier (Interactive Brokers, Saxo, Alpaca…),
- vous voulez tester des stratégies avant de les mettre en place,
- vous cherchez à réduire drastiquement les frais récurrents liés à la gestion déléguée,
- vous êtes à l’aise avec l’idée : « l’IA fait le travail d’analyse, mais je garde le dernier mot. »
Définition simple : c’est quoi un ETF ?
Si vous découvrez les robo‑advisors ou les plateformes quantitatives, le mot ETF revient partout. Voici la version courte :
- ETF signifie Exchange‑Traded Fund, ou fonds indiciel coté.
- C’est un panier de titres (actions, obligations, etc.) qui réplique un indice (par exemple un indice actions monde, Europe, S&P 500…).
- L’ETF se cote en Bourse comme une action : vous pouvez l’acheter / le vendre en quelques clics.
- À l’intérieur, la gestion est généralement passive : l’objectif est de suivre un indice, pas de le battre.
Pourquoi tout le monde en parle ?
- Les ETF permettent d’acheter des centaines de titres en une seule ligne, avec :
- des frais de gestion très faibles (souvent 0,1–0,3 % / an),
- une diversification immédiate,
- une grande transparence (composition publiée).
- C’est pour cela que :
- Yomoni et Nalo construisent leurs portefeuilles essentiellement avec des ETF,
- Bubble privilégie des stratégies à base d’ETF pour proposer des portefeuilles diversifiés et peu chargés en frais, tout en laissant la place à des poches plus avancées (actions individuelles, thématiques, etc.) pour les utilisateurs qui le souhaitent.
En Conclusion : Robo‑Advisors vs Plateforme Quantitative IA
En 2025, le choix n’est plus seulement entre « banque traditionnelle » et « robo‑advisor ». Une nouvelle catégorie apparaît : celle des plateformes quantitatives pilotées par l’IA, qui vous donnent les mêmes capacités d’analyse qu’un gérant, sans vous retirer le volant.
- Si vous voulez tout déléguer via une assurance‑vie et ne plus vous occuper de rien, Yomoni ou Nalo restent des options cohérentes.
- Si vous voulez comprendre, simuler, optimiser et garder la main, tout en payant des frais fixes transparents (plans from €0 to €10/month, exemple), alors Bubble s’inscrit dans une logique différente :
- IA de scoring multi‑facteurs,
- backtests sur 17+ ans,
- gestion du risque inspirée des pratiques institutionnelles,
- multi‑courtiers et comptes toujours à votre nom.
L’objectif de Bubble n’est pas de remplacer vos décisions, mais de vous donner les mêmes outils qu’un gérant professionnel, à un coût compatible avec un investisseur particulier – que vous gériez 10 000 € ou 500 000 €.
Références et liens utiles
Pour aller plus loin et vérifier les ordres de grandeur mentionnés dans cet article :
Ces sources permettent de situer Yomoni et Nalo dans le paysage français, de comprendre leurs structures de frais et de replacer l’approche de Bubble par rapport aux standards actuels du marché.