Ce que l'IA ne peut pas te voler
L'IA ne menace pas les artistes. Le capitalisme l'avait déjà fait avant elle.
Il y a quelques semaines, j'ai eu une conversation avec une artiste. Peintre, illustratrice, elle travaille depuis des années à construire un style reconnaissable, une voix visuelle à elle. Et depuis l'émergence des outils de génération d'images (Midjourney, Stable Diffusion, DALL-E), elle est en colère. Pas légèrement irritée. En colère.
"Ils volent le travail des artistes. Ils s'entraînent sur nos œuvres sans notre consentement. Ils détruisent nos revenus."
Je comprends la colère. Elle est humaine, elle est instinctive. Mais je pense qu'elle est mal dirigée.
Parce que la vraie question n'est pas "l'IA va-t-elle remplacer les artistes ?" La vraie question, celle que presque personne ne pose, c'est : qu'est-ce qu'un artiste, exactement ? Et si on commence par là, on découvre quelque chose d'inconfortable : l'IA ne menace pas les artistes. Elle menace une confusion que le capitalisme a patiemment installée dans nos esprits depuis deux siècles, cette confusion entre l'art et le travail artistique rémunéré.
Ce sont deux choses radicalement différentes. Et les démêler change tout.
Qu'est-ce que l'art, vraiment ?
L'art, dans son sens le plus profond, échappe à trois définitions qu'on lui colle trop facilement : la beauté de l'objet produit, la maîtrise technique du geste, et (c'est là où ça devient vraiment intéressant) la capacité à créer des émotions dans un public.
Ce dernier point mérite qu'on s'y arrête, parce qu'il est contre-intuitif.
Donald Trump remplit des stades. Il crée des émotions intenses, de l'enthousiasme, de la ferveur, parfois de la rage. Est-il un artiste ? Non. Un publicitaire qui conçoit une campagne qui te fait pleurer en trente secondes est-il un artiste ? Non. Platon l'avait déjà compris dans le Gorgias : les sophistes sont des maîtres de la manipulation émotionnelle. Ils produisent des effets sans transmettre de vérité. De la rhétorique, pas de l'art.
Alors qu'est-ce que l'art ?
L'art, c'est l'expression d'un état intérieur authentique à travers une forme, quelle qu'elle soit. Peinture, musique, poésie, danse, cinéma, sculpture, même cuisine ou jardinage. L'artiste ne cherche pas en premier lieu à provoquer un effet dans le public. Il cherche à extérioriser quelque chose qui est en lui (une vision du monde, une émotion, une obsession, une question sans réponse) en utilisant le langage d'une forme.
Ce qui est fascinant, c'est que quand cela réussit vraiment, quand la transmission est authentique et suffisamment maîtrisée, le public reçoit quelque chose. Pas parce qu'il a été manipulé, mais parce qu'il a rencontré une intériorité réelle. Van Gogh n'a pas peint pour te faire ressentir quelque chose. Il a peint pour rendre visible ce qu'il voyait et vivait intérieurement. Et deux siècles plus tard, ses tableaux te traversent. De la résonance, pas de la manipulation. La différence entre les deux est exactement la distance entre le sophiste et l'artiste.
Cette distinction est capitale pour tout ce qui suit.


Le mythe de l'artiste pur, une invention romantique
Voici quelque chose que l'école ne t'apprend pas : l'idée de l'artiste comme génie souffrant, pur, détaché des contingences économiques, est une invention récente. Elle a environ deux cents ans.
Avant le XIXe siècle, les artistes étaient des artisans. Des très bons artisans, parfois exceptionnels, mais des artisans quand même. Ils avaient des ateliers, des apprentis, des carnets de commandes. Michel-Ange a peint la Sixtine parce que le pape Jules II lui a passé commande. Il a failli refuser (il se considérait sculpteur, pas peintre), a négocié le prix, s'est disputé avec le client. Et dans cet espace contraint, commissionné, rémunéré, il a produit l'une des œuvres les plus profondes de l'histoire humaine.

La commission n'a pas corrompu l'œuvre. Michel-Ange a choisi d'y mettre quelque chose de réel. La contrainte économique lui a donné un cadre ; l'expression authentique a fait le reste. Ce n'est pas malgré Jules II qu'il a peint la Sixtine, c'est en quelque sorte à travers lui.
Le mythe du "pur artiste" émerge avec le Romantisme, précisément comme réaction à l'industrialisation. Face à la mécanisation du travail, à la production en série, à la marchandisation de tout, une partie de l'intelligentsia européenne a construit l'artiste comme figure d'exception : celui qui échappe au marché, qui souffre pour sa vision, qui préfère mourir de faim plutôt que de vendre son âme.
C'est une belle histoire. C'est aussi une construction idéologique qui a rendu un mauvais service à des générations d'artistes, en les culpabilisant dès qu'ils voulaient être rémunérés, et en permettant simultanément à l'industrie créative de les exploiter au nom de leur "passion".
Ce mythe est le premier problème. L'IA est arrivée après.
Ce que l'IA menace vraiment : le travail artistique rémunéré
Soyons précis. L'IA menace des marchés concrets :
- Le marché de l'illustration commerciale (logos, visuels publicitaires, packaging)
- Le marché de la musique de stock (playlists Spotify génériques, jingles publicitaires, musique de fond de vidéos YouTube)
- Le marché du character design et des assets visuels pour les jeux vidéo
- Le marché de la rédaction de contenu bas de gamme
- Le marché de la photographie de stock
Ce sont des marchés réels, qui emploient des gens réels, qui avaient des revenus réels. La disruption est économiquement douloureuse pour ceux qui vivaient de ces activités. Je ne le minimise pas.
Mais posons la question directement : est-ce que dessiner des loot boxes pour Fortnite destinées à être vendues à des enfants, c'est de l'art ? Est-ce que composer la centième variation générique de "musique inspirationnelle pour startup" sur AudioJungle, c'est de l'art ?
Dans la quasi-totalité des cas, non. C'est du travail artistique rémunéré, une compétence technique mise au service d'un objectif commercial défini par quelqu'un d'autre. De l'artisanat industrialisé. Il n'y a rien de honteux là-dedans, l'artisanat est une activité noble, mais ce n'est pas la même chose que l'expression d'une intériorité.
Et si c'était occasionnellement le cas, si un illustrateur de jeux vidéo avait réussi à glisser quelque chose de vraiment personnel dans un asset parmi des milliers, alors précisément cette part-là de son travail n'est pas menacée par l'IA. Parce que l'IA peut reproduire une technique, imiter un style. Elle ne peut pas reproduire une intériorité.
Voilà le point central : l'IA menace le marché du travail artistique rémunéré. Elle ne menace pas la pratique de l'art.
La photographie n'a pas tué la peinture. Elle l'a libérée.
On a déjà vu ce film.
En 1839, quand Daguerre annonce l'invention de la photographie, un peintre académique français, Paul Delaroche, s'exclame : "La peinture est morte !" La machine pouvait désormais reproduire le réel avec une précision impossible à égaler à la main. À quoi bon les portraitistes, les peintres de paysage, les illustrateurs de batailles ?

Ce qui s'est passé ensuite est l'une des plus belles ironies de l'histoire de l'art.
Précisément parce que la photographie prenait en charge la représentation du réel, la peinture a été libérée de cette obligation. Elle n'avait plus à ressembler à quelque chose. Elle pouvait enfin être autre chose. Impressionnisme. Post-impressionnisme. Cubisme. Abstraction. Expressionnisme. Toutes les révolutions artistiques du XIXe et du XXe siècle ont été rendues possibles, au moins en partie, parce que la photographie avait déchargé la peinture de son rôle de miroir du monde.
Van Gogh n'avait pas besoin de peindre "réaliste". Picasso n'avait pas besoin que son portrait de Gertrude Stein ressemble à Gertrude Stein. Kandinsky n'avait pas besoin de figurer quoi que ce soit. La contrainte avait disparu. L'expression pouvait enfin primer.
La même dynamique est à l'œuvre aujourd'hui. Si l'IA prend en charge la production d'images "correctes", de musiques "acceptables", de textes "fonctionnels" (tout ce qui relevait du travail artistique de service), alors les artistes humains sont libérés de cette obligation. Ils n'ont plus à être compétents pour être rémunérés. Ils peuvent enfin être uniquement eux-mêmes.
La question n'est plus "l'IA va-t-elle remplacer les artistes ?" La question est : qu'est-ce que les artistes vont enfin pouvoir faire quand ils n'auront plus à vendre leur technique au plus offrant ?
L'outil et l'expression
Il y a une objection que j'entends souvent, et qui mérite d'être traitée sérieusement : "L'art généré par IA n'est pas vraiment de l'art, parce qu'il n'y a pas d'effort, pas de maîtrise, pas de friction."
C'est factuellement inexact. Quiconque a sérieusement utilisé Midjourney, Stable Diffusion, ou un modèle de génération musicale le sait : tu itères, tu échoues, tu reformules, tu ajustes des dizaines de paramètres, tu obtiens quelque chose d'inattendu que tu vas parfois exploiter, parfois rejeter. La friction est là. Elle est d'une nature différente de la friction physique d'un violon ou d'une toile, plus sémantique et itérative que physique et cumulative, mais elle est réelle et elle produit les mêmes effets : des workarounds créatifs, des accidents heureux, une compréhension progressive du médium.
La vraie question, plus intéressante, est de savoir si ces deux types de friction produisent des formes d'expression différentes. Probablement oui. Comme la peinture à l'huile et l'aquarelle orientent l'expression dans des directions distinctes, non pas parce que l'une serait plus légitime, mais parce que les contraintes de chaque médium façonnent ce qu'on peut y dire.
Ce qui est conceptuellement problématique dans l'objection, c'est l'idée que la maîtrise technique serait le critère de l'art. Le virtuose du violon qui joue n'importe quoi avec une précision parfaite est un maître de son instrument, pas forcément un artiste. L'artiste, c'est celui qui a quelque chose à dire et qui trouve dans le violon le moyen de le dire. Ces deux choses peuvent coexister dans la même personne, mais elles ne sont pas la même chose.
Donc : quelqu'un qui maîtrise suffisamment les outils d'IA pour obtenir exactement l'image, la musique, le texte qui traduit fidèlement quelque chose qu'il porte en lui, fait de l'art. L'outil est différent. L'essence est identique.
L'art IA est une nouvelle tradition, pas un remplacement
Van Gogh ne remplace pas Da Vinci. Da Vinci ne remplace pas les enluminures médiévales. Ce sont des traditions différentes, des langages différents, qui coexistent, s'influencent, se citent, mais ne se supplantent pas.
L'art généré par IA est en train de devenir une nouvelle tradition artistique, avec ses propres esthétiques, ses propres codes, ses propres limites et possibilités. Elle produit des œuvres qui ont une valeur intrinsèque, qui peuvent toucher, émouvoir, interroger. Et surtout, elle n'élimine pas les traditions existantes, pour la même raison que la photographie n'a pas remplacé la peinture. Elle ajoute une voix à un concert qui en comptait déjà beaucoup.
Les études montrent que plus de 90% des gens sont incapables de distinguer, à qualité suffisante, une image générée par IA d'une image créée par un humain. Certains voient dans cette statistique une menace. Je vois plutôt la preuve que l'art IA a atteint un niveau où il peut participer pleinement à l'expérience esthétique humaine. Est-ce que ça diminue la valeur d'une peinture faite à la main ? Pas plus que la photographie n'a diminué la valeur des portraits peints. Les deux existent, pour des raisons différentes, avec des valeurs différentes.
La maîtrise, l'imperfection et Basquiat
Une dernière objection, plus subtile : certes, l'outil ne fait pas l'artiste, mais il faut des années pour maîtriser un instrument, et cette maîtrise n'est pas seulement technique, elle forge l'expression elle-même. John Coltrane n'aurait pas eu la même voix musicale sans les milliers d'heures de résistance physique du saxophone. Cézanne n'aurait pas développé sa façon de fragmenter la perception sans les années de lutte avec la peinture à l'huile récalcitrante. L'IA court-circuite tout ça.
L'argument est sérieux. La résistance physique d'un instrument accumulée sur des années façonne effectivement l'artiste. Mais deux choses méritent d'être dites en retour.
D'abord, cette logique vaut aussi pour l'IA, différemment. Quelqu'un qui passe des mois à travailler sérieusement avec des outils de génération, à comprendre comment le modèle "pense", comment il répond aux prompts, où sont ses angles morts, développe une compréhension du médium qui n'est pas superficielle. C'est un apprentissage d'une nature différente, mais réel.
Ensuite, et c'est plus fondamental : faire de la maîtrise une condition nécessaire de l'art, c'est oublier Basquiat. Jean-Michel Basquiat n'avait aucune formation académique. Il n'avait pas "maîtrisé" la peinture au sens des Beaux-Arts. Ses œuvres figurent parmi les plus importantes de la fin du XXe siècle, parce qu'il avait quelque chose à dire et qu'il a trouvé un langage visuel pour le dire, brut, urgent, imparfait.

L'imperfection technique peut être constitutive de l'expression. La maîtrise parfaite peut, à l'inverse, l'étouffer.
Le sophiste et l'artiste : la vraie frontière
Si l'art est l'expression d'un état intérieur authentique à travers une forme, alors le critère n'est pas l'outil utilisé, ni même l'effet produit sur le public. C'est la réalité de la transmission : est-ce qu'il y a quelque chose de réel à l'origine du geste créatif ?
Platon dans le Gorgias distingue la rhétorique de la philosophie sur ce terrain. Le sophiste peut produire les mêmes effets que le philosophe (convaincre, émouvoir, entraîner) mais il ne cherche pas le vrai, seulement l'efficace. Ce qui est redoutable dans le sophiste, c'est qu'il est souvent indiscernable du philosophe pour ceux qui ne s'y connaissent pas.
De même : le publicitaire brillant, le démagogue charismatique, l'algorithme de recommandation de Spotify optimisé pour le temps d'écoute, tous peuvent créer des états émotionnels intenses. Aucun ne fait de l'art. Et à l'inverse, l'artiste qui utilise l'IA comme médium pour extérioriser quelque chose qu'il porte vraiment en lui fait de l'art. Même si personne n'est ému. Même si l'œuvre reste dans un tiroir. Même si l'outil a fait 90% du travail au sens technique.
L'ironie de la position des artistes en colère contre l'IA, c'est qu'ils défendent leur technique, leur formation, leur rémunération (toutes des catégories économiques) au lieu de défendre ce qui rend leur pratique réellement irremplaçable : l'expression de leur intériorité spécifique, unique, non reproductible. L'IA peut imiter ton style, ton vocabulaire visuel, ta tonalité musicale. Elle ne peut pas avoir tes obsessions, tes blessures, ta vision du monde, tes questions sans réponse. Ce que tu exprimes vraiment, seul toi peux l'exprimer. C'est la définition même de l'expression. Et c'est précisément ce que l'IA ne peut pas produire d'elle-même.
Pourquoi les artistes devraient célébrer l'IA
Voici la thèse que je veux défendre, et que je trouve étrangement absente du débat public.
Les artistes sont les personnes les moins adaptées au capitalisme industriel. Ils sont mus par quelque chose que le marché ne commande pas et ne peut pas commander, un besoin d'expression qui ne répond pas à la loi de l'offre et de la demande, qui ne s'éteint pas parce que le loyer est dû. La plupart des artistes que tu connais ne vivent pas de leur art. Ils ont un emploi alimentaire à côté et ils créent dans les interstices du temps qu'on leur laisse.
L'IA, en automatisant le travail créatif de service, fait deux choses simultanément : elle détruit des revenus à court terme, et elle préfigure un monde où la production économique n'est plus dépendante du travail humain. Si la survie matérielle se découple de la productivité individuelle (via un revenu universel ou une autre forme de redistribution des gains de productivité), alors la possibilité d'une vie organisée autour de l'expression plutôt que de la production devient envisageable pour un nombre beaucoup plus grand de personnes.
Concrètement : imaginez un illustrateur de 30 ans qui passe 70% de son temps à faire des visuels pour des présentations PowerPoint de cabinets de conseil, et le reste sur une série de dessins personnels inspirée de son enfance en Bretagne. L'IA absorbe le marché du visuel corporate. Son revenu s'effondre, c'est une catastrophe à court terme. Mais dans le monde d'après, cet illustrateur peut enfin consacrer tout son temps à la série bretonne. Et cette série, personne d'autre ne peut la faire, parce qu'elle vient de lui, de son enfance spécifique, de ses souvenirs qui n'appartiennent qu'à lui.
Les artistes devraient voir ça comme une promesse. Pas comme une menace.
La transition sera dure. C'est le vrai combat.
Je ne veux pas être naïf. La transition sera difficile et probablement injuste : les gains de productivité de l'IA seront, si on ne fait rien, captés par un nombre infime d'acteurs, les propriétaires des modèles, les plateformes, les investisseurs. Nvidia vend les pelles, et les autres se battent pour les pépites.
Le vrai combat politique du moment n'est pas "est-ce que l'IA va tuer l'art ?" (elle ne le peut pas), mais "est-ce que les gains de productivité de l'IA vont être redistribués, ou est-ce qu'ils vont juste enrichir davantage les mêmes personnes ?" Les artistes, s'ils veulent se battre pour quelque chose, devraient se battre pour ça : un revenu universel de base, une taxation équitable des rentes numériques, des modèles de gouvernance de l'IA qui incluent ceux dont les œuvres ont servi à l'entraîner.
Ces combats sont légitimes et urgents. Mais ils sont entièrement distincts de la question de savoir si l'IA menace l'art.
Il y a quelque chose de tragique à voir des artistes (les personnes les plus mal armées pour défendre des intérêts économiques, les plus vulnérables aux discours de la "passion qui justifie la précarité") se battre contre le mauvais ennemi. L'ennemi n'est pas l'outil. C'est le système qui capture les gains du progrès technologique et les concentre entre les mains d'un nombre décroissant de personnes. Cet ennemi existait bien avant l'IA. Et c'est exactement le même qui, pendant des décennies, a dit aux artistes que leur passion était une raison suffisante pour accepter d'être mal payés.
Ce que l'IA ne peut pas te voler
La photographie n'a pas tué la peinture. Elle l'a libérée d'une obligation, celle de ressembler au monde, et c'est dans l'espace vide laissé par cette obligation disparue que les révolutions artistiques du XXe siècle ont trouvé leur terrain.
La contrainte qui disparaît avec l'IA n'est pas l'expression. C'est l'obligation de vendre sa technique à ceux qui n'ont rien à exprimer, qui veulent seulement des assets pour leurs jeux, des jingles pour leurs publicités, des visuels pour leurs slides. Et si les artistes font le bon choix, s'ils arrêtent de défendre le marché du travail artistique de service pour défendre ce qui leur appartient vraiment (cette voix intérieure irremplaçable), alors l'IA pourrait bien être la meilleure nouvelle que l'art ait reçue depuis l'invention de la perspective.
L'IA peut imiter. Elle peut reproduire. Elle peut même, dans certains cas, toucher. Mais elle ne peut pas être toi. Elle ne peut pas porter en elle les vingt ans de vie qui ont formé ta vision du monde. Elle ne peut pas avoir tes questions sans réponse, tes obsessions spécifiques, la façon particulière dont tu regardes les choses depuis que tu as vécu ce que tu as vécu.
Ce que tu exprimes vraiment, seul toi peux l'exprimer. Et ça, l'IA ne peut pas te le voler.
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